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Les dégâts humains, sanitaires et environnementaux causés par la société SHERRITT à Ambatovy (Moramanga) et à Tanandava (Toamasina)

publié par Admin, le samedi 24 mars 2012

Quelques articles sur le sujet qui mobilise désormais le gouvernement malgache face à la forte inquiétude et aux protestations des citoyens des environs de l’usine et dans le monde. La prise en charge et l’indemnisation des victimes sont nécessaires mais pas suffisantes : la transparence sur tous les dégâts provoqués par le projet, sur l’ensemble du volet financier et sur le contrat est indispensable.

http://www.ambatovyfiles.com/carte/carte.html

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http://tsimokagasikara.wordpress.com/2012/03/09/sherritt-ambatovy-loza-simika-nihanaka-ny-sofra-so2-accident-chimique-fuite-de-dioxyde-de-soufre-so2-nisehonihanaka-ny-sofra-so2/

Fuite de dioxyde de soufre (SO2) à l’usine Sherritt d’Ambatovy : 1 personne décédée et 10 autres en observation

Négligence à l’usine Sherritt d’Ambatovy : 1 personne décédée et 10 autres en observation
Une dizaine de jours après l’accident chimique qui s’est produit sur le site industriel d’Ambatovy (Est de Madagascar), le bilan fait état d’une personne décédée et de 10 autres en observation. En effet, il s’agit d’une fuite de dioxyde de soufre (SO2), toxique par inhalation, survenue le dimanche 26 février qui a répandu une très forte odeur chimique jusqu’à 500m autour de l’usine, touchant directement le village d’Ambalantenina – Antanandava. Selon les villageois, très en colère, il y a eu la panique vers 16h car le gaz a immédiatement provoqué des gênes respiratoires, irritation des yeux et sécheresse de la gorge, effets qui sont insupportables pour les enfants. Toujours d’après les témoignages des villageois et constatés de visu par notre correspondant, les feuilles sont desséchées et les végétaux en général ont flétri, même les poissons ont succombé au gaz toxique. C’est donc un vrai catastrophe écologique à l’échelle locale. Les responsables de l’usine et les représentants des pouvoirs publics ont mis 10 jours pour répondre à l’appel des villageois car c’est le lundi 5 mars seulement qu’ils sont venus sur zone pour apporter des explications et essayer de rassurer ces derniers. Le Directeur Général adjoint de l’usine d’Ambatovy, M. Kévin Muller, a reconnu qu’il y a eu négligence de la part des techniciens lors d’un essai technique. Il s’agit, affirme -t-il, d’une vanne mal fermée qui a provoqué cette fuite de SO2 durant 5 à 8mn. Il a ajouté que sur les 15 essais effectués, celui-ci est le seul échec ! Certes, mais cela a coûté la vie à une personne. Donc, pour lui, tout est normal, il y a toujours des risques dans ce genre d’activité et cet accident en fait partie. L’incident est clos, circulez il n’y a rien à voir…à Ambatovy !!! Il a également déclaré que l’entreprise prend en charge tous les préjudices occasionnés par cette mini catastrophe.

Toutefois, il a insisté sur la nécessité de déplacer les 800 villageois concernés d’Ambalantenina – Antanandava. La réponse de ces derniers est claire et pleine de bon sens : « nous ne pouvons pas nous adapter au mode de vie urbain » . Pourront-ils résister longtemps à la puissance des multinationales comme Sherritt ? Auront-ils encore la possibilité de vivre sur la terre de leurs ancêtres ? Hélas, l’histoire et les faits ne leur donnent guère raison. « Si les Malagasy s’évanouissent assez facilement, c’est qu’ils sont mal nourris ». Par ailleurs, toujours pour la même raison, deux salariés travaillant sur site ont également perdu connaissance les 27 et 29 février attestant que la forte odeur de gaz règne toujours sur la zone. Mais les expatriés de l’usine estiment que « si les Malagasy s’évanouissent assez facilement, c’est qu’ils sont mal nourris ». Propos qui ont choqué leurs collègues nationaux qui affirment que l’odeur est très forte dans l’usine et que tous n’ont pas la même capacité de résistance. Peut-être que si la multinationale payait ses salariés nationaux au même niveau que les expatriés, les malagasy auraient la possibilité de mieux se nourrir améliorant ainsi leur capacité de résistance au gaz toxique.

Cependant, quelques questions méritent d’être posées :

Qu’est-ce qui explique le manque de réactivité et des pouvoirs publics et surtout des responsables de l’usine ?

Toutes les mesures de sécurisation et de protection d’urgence de la population ont-elles été bien appliquées notamment l’évacuation de la zone concernée ?

Que compte faire la société Sherritt pour réparer les dégâts environnementaux ?

Remarquons, enfin, que dix jours après l’accident, l’odeur reste encore très forte sur place. D’après notre correspondant local

Communiqué d’Ambatovy : des précisions sur l’accident survenu à l’usine

http://www.tananews.com/2012/03/communique-dambatovy-des-precisions-sur-laccident-survenu-a-lusine/

Publié le Jeudi 8 mars 2012 à 18:24

La sécurité et le bien-être de la communauté demeurent la priorité absolue d’Ambatovy

Dimanche 26 février, vers 15h, un échappement de dioxyde de soufre (SO2) s’est produit à l’Usine d’Ambatovy, Toamasina durant un démarrage de l’usine d’acide sulfurique. Cet échappement a touché une zone de 500m de long sur 200m de large, en dehors de la clôture, au nord de l’Usine.

Quelques personnes présentes sur le lieu au moment de l’incident ont ressenti des irritations aux yeux et une gêne respiratoire pendant quelques minutes. L’équipe sociale d’Ambatovy a immédiatement entamé les visites auprès de la communauté installée dans ladite zone. Ambatovy a envoyé un médecin pour faire un suivi médical de la population de la zone touchée. Le médecin a examiné 53 personnes dont 25 sont en bonne santé et 28 ont été traitées pour la toux, des conjonctivites ou gêne respiratoire. Bien que tous ces cas ne soient pas directement liés à l’incident, Ambatovy veille à assurer le traitement et le suivi de chacun et prévoit un suivi sanitaire dans les prochains jours.

Ambatovy a également effectué un suivi d’impact environnemental, en partenariat avec les autorités environnementales régionales (ONE) et un rapport a été envoyé à cet effet.

Dans le processus du démarrage et des essais techniques de l’Usine à Toamasina, 14 démarrages sur plus de 15 effectués ont été couronnés de succès. Seul un test a rencontré une difficulté qui est maintenant totalement résolue. Le suivi et l’analyse de l’impact de cet incident se poursuivent sachant que sur le plan technique, tout est rentré dans l’ordre.

La sécurité et le bien-être de la communauté demeurent la priorité absolue d’Ambatovy. Nous prenons nos responsabilités auprès du voisinage pour les inconvénients que cet incident pourrait avoir causé. A cet égard, Ambatovy assurera les compensations agricoles pour les cultures affectées.

Toamasina, le 08 mars 2012

http://www.lexpressmada.com/mines-madagascar/33078-l-etat-accuse-le-projet-ambatovy.html

Mines
L’État accuse le projet Ambatovy Un rapport accablant pour le projet Ambatovy, lors du dernier conseil des ministres. Le ministre de la Santé publique, Ndahi¬mananjara Johanita, a lancé une véritable accusation vis-à-vis du projet Ambatovy, concernant les impacts et la gestion de l’émanation accidentelle de gaz à l’usine de Tanandava Toamasina. Descendue sur place avec son homologue des Mines et des hydrocarbures, Rajo Randriafeno, à la fin de la semaine dernière, les constats avancés par la patronne de la Santé publique insinuent des négligences de la part de la compagnie. « La ministre de la Santé a déclaré qu’il existait un déphasage flagrant entre le rapport verbal fait par les dirigeants de la société Sherritt et les réalités sur le terrain », cite le communiqué du conseil des ministres. La ministre de la Santé n’est pas la seule à réagir par rapport au projet. Julien Reboza, ministre de l’Eau, est également intervenu à cause des impacts de cette émanation de gaz sur la réserve d’eau locale. « Ceci, après qu’il a constaté des défaillances de la société Sherritt en matière de protection de ladite réserve d’eau », précise le communiqué.

Mahefa Rakotomalala Vendredi 23 mars 2012

http://www.madagascar-presidency.gov.mg/communique/
Communiqué de presse - Conseil des ministres du mercredi 21 mars 2012-
Au titre du Ministère des Mines […] Une autre Communication a été faite, relative à la mission interministérielle menée récemment à Ambatovy, consécutivement à l’émanation de gaz qui s’y produisait. Ainsi, le Ministre de la Santé publique a déclaré qu’il existe un déphasage flagrant entre le rapport verbal fait par les dirigeants de la Société Sheritt et les réalités sur le terrain, notamment en ce qui concerne la prise en charge des victimes. Quant au Ministre de l’Eau, il a manifesté sa profonde inquiétude sur les impacts que pourrait générer cette émanation de gaz sur la réserve locale en eau. Ceci, après qu’il ait constaté des défaillances de la Société Sheritt en matière de protection de ladite réserve en eau. Le Ministre des Mines, pour sa part, a également aligné de diverses défaillances techniques imputées à la Société Sheritt et des manquements se rapportant aux responsabilités de l’Administration. Ainsi, il a préconisé des recommandations pour pallier à tous ces problèmes. Le Président de la Transition a indiqué que la Société Sheritt doit accepter de prendre en charge, par le biais d’un document écrit, les soins médicaux desdites victimes jusqu’à leur entier rétablissement. Il a également préconisé la nécessité de réformer en profondeur les textes régissant les investissements miniers pour que, entre autres impératifs, ce genre de drame ne se reproduise plus. De ce fait, il a préconisé à ce que le dossier afférent soit inscrit à l’ordre du jour du prochain Conseil des Ministres.


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