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9 décembre 2012
Admin

Newsletter n° 20 - Communiqué

normal'>Mesdames et Messieurs,
Chers amis

normal'>Veuillez trouver,
ci-dessous, le communiqué que le Collectif TANY a publié à la fin du mois de novembre, pour soutenir les éleveurs et paysans de la région d’Ihorombe qui ont exprimé leurs plaintes et revendications face à l’extension des vastes plantations de la société italienne TOZZI GREEN.

Veuillez recevoir nos salutations cordiales.
Le Bureau et les membres du Collectif TANY

text-align:center;line-height:normal'>SOUTENONS
les ELEVEURS et leur PATRIMOINE contre L’ACCAPAREMENT

text-align:center;line-height:normal'>de
VASTES SURFACES de TERRES par la société TOZZI GREEN à MADAGASCAR

<span
style='font-size:10.0pt'>La société italienne Tozzi Green,une filiale du groupe
italien Tozzi Renewable Energy, cultive essentiellement du jatropha, un
agrocarburant, sur le plateau d’Ihorombe dans le Centre Sud de Madagascar et
vise une surface de 100 000 ha. Cette société déclare qu’elle s’installe dans
cette zone avec l’accord des populations : quelles populations exactement ont
été consultées et ont donné leur accord ? Les autorités locales ? Quelques
notables des villages ?

Plaintes
et revendications des populations locales

Le
16 novembre dernier, dix représentants de neuf villages situés dans les
communes de Satrokala, Andiolava, Ambatolahy et Ihosy, région d’Ihorombe sont
venus à Antananarivo et ont tenu une conférence de presse pour manifester leur
opposition à cette exploitation et pour « exprimer leur détresse ». Ils
se sont déplacés pour faire connaître leurs plaintes car les droits des
habitants ont été piétinés. « Nous n’avons plus aucune prise sur nos terres,
des personnes étrangères à nos mœurs y imposent leurs lois. Elles ont étendu
progressivement la surface de leurs cultures et utilisent aussi nos terres
maintenant. Nous, petits paysans, sommes obligés de partir car ce sont des gens
munis d’armes qui nous expulsent de nos terres. La perte de l’herbe où les
zébus pouvaient brouter a entraîné le décès du bétail sur place. Ils ont
détruit les tombes de nos ancêtres. Les lieux sacrés ont déjà tous été détruits
par les tracteurs ». Ils sont complètement désemparés actuellement car ils
sentent qu’ils ressemblent à des œufs qui affrontent des rochers dans cette
situation, et font appel à l’Etat central […], la plupart des habitants partent
en exode et deviennent quasiment des sinistrés. Face à la confiscation de leurs
terres, les fokonolona (
communautés de base) ont souligné que « les
conséquences de l’accaparement de nos terres par Tozzi Green auront des
conséquences graves ». Les populations ont faim et les coutumes des Bara sont
bafouées. (1)
Les réactions des medias à cette conférence de presse ont été
diverses : certains n’en ont pas parlé, d’autres l’ont relaté sans citer le nom
de la société incriminée, quelques-uns l’ont rapportée en accusant les
représentants des villageois d’être des complices des dahalo (bandits,
voleurs de zébus).

<span
style='font-size:10.0pt'>Par ailleurs, le 18 novembre, 350 habitants de 17
Fokontany de la commune d’Ambatolahy ont signé une pétition qu’ils ont adressée
aux autorités locales et nationales pour leur demander d’intervenir afin
d’empêcher l’extension des plantations et d’éviter les expulsions qu’ils
risquent de subir dans les zones convoitées par Tozzi Green et par la société
indienne Landmark.

<span
style='font-size:10.0pt'>Ces plaintes rejoignent les propos et revendications
des habitants des villages de Satrokala, Andiolava, Soatambary et Ambatolahy dont
le Collectif TANY a reçu des témoignages. Ils ont dit avoir hérité des terres
de leurs arrière-grands-parents qui avaient cultivé là selon les coutumes
ancestrales. Ces terrains ne sont pas titrés et bornés mais constituent des
possessions familiales coutumières depuis plusieurs générations. Ces terres
renferment aussi l’histoire de leurs ancêtres. Si l’Etat les leur prend de
force, ils seront perdus, leurs descendants seront décimés car ces terres sont
des zones de pâturages de leur bétail et les revenus provenant de l’élevage de
zébus leur procurent leur nourriture et remplacent leur salaire. C’est grâce à
cela qu’ils ont pu envoyer leurs enfants à l’école. Certains champs de cultures
sont devenus inutilisables. Le labour des terres par les tracteurs a rendu
impossible le passage des zébus à travers les champs. Le jatropha n’est
comestible ni pour les zébus, ni pour les enfants ni pour les familles,
disent-ils. Ils demandent donc à l’Etat d’avoir pitié d’eux et de les protéger.

justify;line-height:normal'>Certains villageois
ont accepté les demandes de la société, ont-ils ajouté, et ceux qui ont résisté
ont reçu des menaces. On leur aurait promis différentes compensations dont ils
n’ont pas vu l’effectivité. Ils parlent tous de la nécessité de défendre leurs
droits, leurs terres, leur source de revenu traditionnelle, leur patrimoine
culturel.

Les
principales victimes sont les éleveurs de zébus des zones pastorales

E<span
style='font-size:10.0pt'>n effet, une grande partie de la population du plateau
d’Ihorombe est constituée par les éleveurs Bara et les grands espaces à perte
de vue que certains citadins considèrent comme des zones inoccupées sont les
zones de pâturage de leurs zébus. Certains pays respectent et gèrent
parcimonieusement ces zones pastorales à travers une Charte ou un Code Rural
mais les dirigeants et décideurs malgaches successifs les ont négligées. Que la
société Tozzi Green et ses cadres méprisent la culture traditionnelle des
populations, on pourrait ne pas s’en étonner, mais il est inconcevable que les
autorités locales et centrales ne les protègent pas car des responsables de
l’Etat malgache avaient ratifié le Pacte international relatif aux droits
économiques, sociaux et culturels (2)

normal'>Actuellement, sur les 8 000 ha déjà
accordés, 2 000 ha seraient exploités, « le projet enregistre 170 employés
permanents et environ 2.000 mains-d’œuvre saisonnières dont plus de 50% sont
originaires de la région Ihorombe » rapporte un journal (3) suite à la campagne
de promotion de Tozzi Green. Les bénéfices en termes d’emploi sont minimes par
rapport aux dégâts économiques, sociaux et culturels.

<span
style='font-size:10.0pt'>
De nombreuses questions sur les transactions et les engagements

<span
style='font-size:10.0pt'>La société Tozzi Green aurait loué le terrain des
pépinières à des particuliers et contracté un bail emphytéotiques avec
l’administration, la durée de ce bail citée dans les articles de presse est
quelquefois de 25 ans, d’autres fois de 35 ans. Une transparence et une mise à
disposition de tous les citoyens de toutes les clauses du bail s’avère
nécessaire. Sur combien d’hectares portent les contrats actuels ? Comment sont
formulées les procédures et les conditions d’extensions progressives de la mise
à disposition des terres pour la société ? Quels critères sont utilisés par le
Comité de Pilotage (4) pour évaluer les réalisations et décider d’approuver une
nouvelle extension ? Que cache l’incongruité« 2 000 ha toujours en phase
d’essai » ? (5) Les citoyens doivent être informés du contenu intégral des
contrats : quelles autorités les ont signées, quelles compensations y sont
prévues ? Quel sort y est réservé aux populations qui vivent sur ces terres
selon le droit coutumier ? ..…

<span
style='font-size:10.0pt'>Le plateau d’Ihorombe de 2 000 000 ha va-t-il être
accordé en totalité ou en grande partie à Tozzi Green ou à d’autres sociétés
d’agro-business ? Quelles surfaces vont être prévues pour les paysans et leurs
descendants pour le développement de leur agriculture familiale et de leur
élevage extensif ? Une information éclairée des communautés concernées et la
prise en compte de leurs pratiques et des intérêts des populations par les divers
responsables de l’Etat pour améliorer réellement le bien-être de la majorité
des Malgaches nous semblent indispensables pour aboutir à un développement
équitable et durable.

<span
style='font-size:10.0pt'>Ces questions intéressent au plus haut point non
seulement les autorités centrales et locales, les notables et populations des
différents villages concernés mais également l’ensemble des citoyens de toutes
les régions de l’île. Ce qui arrive dans l’Ihorombe interpelle tous les
citoyens car la surface concernée y est la plus importante connue dans le cadre
de l’opacité qui règne sur les transactions foncières et l’accaparement de
terres à Madagascar actuellement. Surveiller ce qui s’y passe et refuser tout
ce qui est inacceptable pour ne pas créer de précédent devient un enjeu d’envergure
nationale - voire internationale -, en plus de la défense des droits d’usage et
de la culture des populations de la région.
Une vigilance sur les produits du sous-sol très riche de cette zone s’impose
également.

Les communautés d’éleveurs se mobilisent et sollicitent une meilleure
considération des dirigeants de l’Etat. Au mois
d’octobre 2012, après un voyage en Europe, une haute autorité de l’Etat chargée
du Foncier est passée dans l’Ihorombe pour réceptionner une voiture
tout-terrain et des ordinateurs destinés aux services des Domaines et de la
Topographie « résultat d’une collaboration avec Tozzi Green » (6). Le passage
de cette haute autorité dans la région aurait-elle coïncidé avec une nouvelle
extension des zones attribuées à Tozzi Green et accru l’inquiétude légitime des
populations ? Lorsque par ailleurs la communication puissante de Tozzi Green
annonce la mise en place par cette société à Satrokala d’un BIF -Birao
Ifoton’ny Fananan-tany
, guichet foncier - qui va gérer la délivrance de
certificats fonciers sur les propriétés privés non titrées (4) -,l’on ne peut
qu’être indigné par le conflit d’intérêts qui est en train de monter en
puissance au niveau de la gestion des terres dans la région avec la bénédiction
des autorités centrales.

<span
style='font-size:10.0pt'>Soutenons les populations qui défendent leur
patrimoine !

Non
à l’intimidation des citoyens de l’Ihorombe qui ont osé demander l’arrêt de
l’extension des terres accordées à la société Tozzi Green !

<span
style='font-size:10.0pt'>Réitérons avec insistance la demande de transparence
totale sur le contenu des contrats signés par l’Etat car ils engagent et
brident l’avenir des générations présentes et futures !

normal'>Il est temps d’arrêter l’accaparement
des terres à Madagascar !

Paris,
le 27 novembre 2012
Pour Le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches – TANY

normal'>Mamy
Rakotondrainibe

normal'> 

normal'><a
href="mailto:patrimoinemalgache@gmail.com">patrimoinemalgache@gmail.com
<span
lang=EN-US style='font-size:9.0pt;color:#0000CC'> <span
style='font-size:9.0pt;color:#0000CC'><span
lang=EN-US style='color:#0000CC'>www.terresmalgaches.info
<span
lang=EN-US style='font-size:9.0pt;color:#0000CC'> <span
style='font-size:9.0pt;color:#0000CC'><a
href="http://www.facebook.com/TANYterresmalgaches"><span lang=EN-US
style='color:#0000CC'>http://www.facebook.com/TANYterresmalgaches<span
lang=EN-US style='font-size:9.0pt;font-family:"Times New Roman","serif"'>

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style='font-size:8.0pt;font-family:"Arial","sans-serif";color:#0000CC'>(1)<span
style='font:7.0pt "Times New Roman"'> <span
style='font-size:8.0pt;font-family:"Arial","sans-serif";color:#0000CC'>Traduction
libre de l’article ‘Ihorombe - Fasana sy trano maro noravan’ny Tozzi Green’
paru dans Inona ny Vaovao font-family:"Arial","sans-serif";color:#0000CC'>n°1031

margin-left:36.0pt;margin-bottom:.0001pt;text-indent:-18.0pt;line-height:normal'><span
style='font-size:8.0pt;font-family:"Arial","sans-serif";color:#0000CC'>(2)<span
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style='font-size:8.0pt;font-family:"Arial","sans-serif";color:#0000CC'><a
href="http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm">http://www2.ohchr.org/french/law/cescr.htm

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