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11 janvier 2009
Admin

Les habitants de Tolagnaro défendent leurs terres contre QMM

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Tolagnaro

QMM de nouveau contesté

Des personnes bloquent l’accès à la zone minière de Mandena. Elles ne sont pas satisfaites de la solution proposée par QMM.

Les habitants du fokontany d’Amparihy ont de nouveau érigé un barrage sur la route de Mandena. C’est le deuxième signal d’alarme lancé aux responsables du groupe QMM exploitant l’ilménite. Ils comptent ne s’arrêter que jusqu’à l’obtention de leurs indemnisations. Jusqu’ici, les occupants des rizières n’ont pas eu gain de cause.
« Que QMM règle les comptes », insiste un manifestant. « Nous avons cru que le désaccord a pris fin après la rencontre avec le chef de région, en novembre », s’insurge-t-il.
Jeudi vers 3 heures du matin, des groupes de paysans ont bloqué la route d’accès menant vers les mines d’exploitation de la société d’extraction d’ilménite QMM dans le chef lieu de la région Anosy. Des troncs d’arbres ont été placés sur la chaussée. « Respectez nos droits », peut-on lire sur les banderoles. Les manifestants ont envisagé de prolonger le sit-in. « Ils se sont munis de marmites et de réchauds pour préparer le repas. Les manifestants étaient déterminés », déclare notre source.
Les employés du QMM voulant se rendre sur leur lieu de travail n’ont pu entrer, stoppant de ce fait toutes les activités quotidiennes.
« L’administration du groupe Rio Tinto-QMM condamne cette manifestation, et considère cela comme illégale », a-t-on pu lire sur le communiqué diffusé, hier en début d’après-midi. Pour elle, le cas des résidents d’Amparihy est exceptionnel. Ces derniers ne sont pas recensés dans la liste des occupants traditionnels de1998 et 2002.

A l’amiable

« Ils sont apparus seulement en 2005 pour tenter de bénéficier les droits accordés aux expropriés légaux », martèle le groupe QMM. 
Le secrétaire général de la région Anosy s’est rendu sur le lieu du barrage pour engager des pourparlers. En vain. Les paysans se campent sur leurs positions. Le haut responsable n’est pas parvenu à persuader les manifestants.
QMM sollicite toujours les autorités locales à adopter un règlement à l’amiable, malgré les faits qu’elle qualifie d’injustes.
Les paysans d’Amparihy sont déjà montés au créneau, en novembre, suite à un refus du groupe QMM de les indemniser, car elle les a qualifié d’illégaux. Un même barrage a été érigé à l’entrée de Mandena, un des sites d’exploitation et d’habitation de la compagnie d’extraction de minerais. L’intervention pacifique des autorités locales a mis fin à la manifestation qui a duré près d’une demi-journée.
« L’existence du seuil de déversoir de Lanirano n’affecte pas l’utilisation des rizières environnantes. Ces terres restent cultivables », avance l’Office Nationale pour l’Environnement (ONE). « On reconnaît, toutefois que la mise en place du seuil de déversoir est important. Il sert à séparer l’eau salée de l’eau douce. Aucune inondation n’est à craindre aux alentours de Lanirano », affirme un responsable régional de l’ONE.

Rado Andrianantoandro
Date : 09-01-2009